Gleyal

Glei(s)al en occitan

* Lors des recherches sur l’origine de mon patronyme, sachant qu'un hameau de la commune de Mourjou, Cantal, avait pour nom Gleyal, et que depuis plusieurs siècles une dizaine de mes ancêtres y naquirent, je supposais a priori que mon nom était un toponyme.

A la lecture des centaines d’actes « trouvés » dans les Registres Paroissiaux, les Registres de l’État Civil et dans les Archives Notariales, il me fut de plus en plus difficile d’établir ce fait car, je rencontrais des familles Glayal, Glayol, Glaial, Glayat, Gléyal et autres variantes qui ont, en ce début du XXIe siècle, des descendants « enregistrés » sous ces orthographes patronymiques.

 

Pour mieux comprendre, j'ai foulé à nouveau " les terres " de mes ancêtres :

 

La Ferme de Gleyal, sur les hauteurs, dont les propriétaires Daniel et Robert AYMAR descendent de Anne Jeanne Glayal, fille de Joseph Gleyal décédé en 1876;

 

Le Village de Gleyal, construit à mi-hauteur de colline, dont une maison rénovée est utilisée comme gîte rural, que l'on visite lors de la foire à la châtaigne d’octobre ;

 

Le Moulin de Gleyal, en bordure du Célé, dont les " terres basses " sont très humides plusieurs mois de l'année.

Ce dernier lieu, protégé des vents, bénéficie d'un climat dont la douceur n'est pas comparable à la rigueur de celui de la montagne cantalienne.

Un teinturier de mes ancêtres, Guillaume Gleyal, s'y était installé avant l'an 1637. Aura-t-il utilisé les rhizomes, d'iris (glay) ou de safran, séchés et réduits en poudre, employée pour teindre des étoffes ou les colorer ?

 

Depuis un demi-siècle les " terres basses " sont utilisées pour l'élevage bovin et il ne reste que peu de trace des plantes " sauvages " d'origines.

 

Sur les registres de l'état civil de la mairie de Mourjou, j'ai relevé 65 naissances d'enfants GLEYAL entre 1792 et 1930. L 'orthographe de GLEYAL (1792-1795) change et devient GLAYAL (1815), GLEYAL (1816-1822), GLAYAL (1823-1834), GLEYAL (1835-1853), GLéYAL (1853-1862), et enfin GLEYAL (1865-1930).

 

* Alain Bouges, qui feuilletait le " Dictionnaire historique des fiefs, châtellenies et paroisses de la Haute et Basse Auvergne " réédition d'un ouvrage de 1786 par Chabrol, trouvait comme orthographes du village de Gleyal : le GLECIAL ou le GLAYOT mais aussi, LEGLEIAT.

 

* Yvette Souquières relève, dans le " Dictionnaire topographique du Cantal ", à propos des villages et moulins de Mourjou : le GLAYAL. Mais aussi : le GLEIAT, 1523 (Assises de Calvinet), le GLéCIAL, le GLAYOT, 1553 (Procès-verbal Vény). Dans le " Dictionnaire des noms de famille en Auvergne de Pierre-Gabriel Gonzalez " il y a GLAYAT : homme qui était originaire de GLAY ou GLAYAT " l'endroit caractérisé par des fleurs ", du latin gladius, iris des marais. Il est cité " les GLAYEUX " dans l'Allier.

 

* Sur un acte notarié de 1604 (voir) et qui concerne mon patronyme, nous pouvons lire sans aucun doute : Gleyal. Il est rédigé et signé du notaire royal de Mourjou : Jehan Gleyal. Il est à noter aussi que, sur la carte Sud Cantal de Cassini, on trouve le moulin de : Gleyal.

 

* Entendu, par Marcel Andrieu, lors de la conférence de l'IEO (1), le 4 août 2001 à Teissières les Bouliès, sur l'origine de certains patronymes de la Châtaigneraie : GLAYAL, de l'adjectif occitan -glei(s)al-, " qui dépend de l'église ", indique sans doute à qui sont dus les revenus de la terre.

 

Les habitants de Mourjou, de Cassaniouze et de Marcolès prononcent et écrivent GLAYOL en patois cantalien et ne connaissent pas l'origine de GLEYAL.


* Alain Bouges, insatisfait de toutes ces remarques et observations, a contacté la liste « noms_rouergue » (2) et obtenu, à propos de l'origine du patronyme GLEYAL, deux réponses qui lui font dire : « Oui, cette terre devait appartenir à l'église. Je n'étais pas convaincu par le glaïeul (cotela, cotelessa...), mais je trouve que les explications de Marie-Lucy Dupond éclairent parfaitement l'orthographe du village le Glecial ou le Glayot, telle qu'écrite dans l'article du Dictionnaire par Chabrol. »

 

* Marie-Lucy Dupond écrit : " Gleyal provient à mon avis d'un ancien mot occitan signifiant "qui appartient à l'église" (gleisa, devenu ici gleya , prononcé "gleyo" avec o final non accentué), du latin "ecclesia". La forme "Glecial" est d'ailleurs intéressante car il y a un retour au "s" étymologique de "gleisa". La forme Glayal est une forme assimilée ou le "a" de la deuxième syllabe contamine la première syllabe. Par exemple un terrain appartenant à l'église pouvait être appelé "Le Gleyal", devenir un toponyme puis un patronyme"

 

* Philippe Corbière écrit : " Gleyal est la prononciation locale de l'adjectif Gleisal (de l'église). La chute du "s" intervocalique concerne l'Est du Lot, une partie du Cantal et de l'Aveyron et s'étend jusqu'aux vallées occitanes d'Italie où j'ai entendu les gens dire "la glèia" pour "la glèisa".

 

(1) IEO = Institut d’Études Occitanes.

(2) Noms_rouergues = Liste du groupe Degan spécialisée en onomastique.


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